vernissage à la Maison du Livre

Vernissage de l’exposition A LA BELLE ÉTOILE le 23 avril à 18h00

Maison du Livre - 28 rue de Romme à Saint-Gilles 1060 Bruxelles

A la belle étoile

peinture acrylique sur papier

peinture acrylique sur papier

peinture acrylique sur papier

peinture acrylique sur papier

Bout de ciel


Petit ciel de Bruxelles lune blanche pas d’étoiles

Grand ciel des Cévennes lune rousse plain d’étoiles

Ciel de Marseille mouettes bleu

Ciel des Pyrénées vertige orage

Ciel du désert blanc aveuglant

A Westende le ciel et la mer ne font qu’un

A quoi ressemble le ciel de Ouagadougou ?

Pascale

les Ateliers de la Banane participent à l’exposition collective à la Maison du Livre - 28, rue de Rome à Saint-Gilles/1060 Bruxelles du 24 avril au 15 mai 2009

www.lamaisondulivre.be - info@lamaisondulivre.be

carnet d’atelier (2)

Pour nos grands-parents encore, une maison, une fontaine, une tour familière, voire leur propre habit, leur manteau… presque chaque chose était un récipoent dans lequel ils trouvaient quelque chose de l’homme, dans lequel ils épargnaient de l’humain.

Rilke, Lettres de Muzot

 

Nous partons au marché aux puces, glaner des histoires. Ou plutôt : de la matière pour fabriquer des histoires, car nous voulons inventer. Nous avons emporté nos carnets de notes ou de croquis, des appareils photos, un enregistreur. La consigne : ramasser des objets, interroger les gens. Récolter tout ce qui peut nous inspirer pour raconter une histoire. Noter, enregistrer, photographier pour se souvenir.

Comme il fait froid et un peu mouillé, on se retrouve chez Marcel, et sur la table s’empilent l’image d’un paquebot suédois, des viscères en papier, une boule à neige, un petit sac en cuir contenant des factures au nom de mademoiselle Veulemans, et un ticket pour le concert des Stones en 73, un ange qui a perdu son aile, un fil à plomb, un réveille-matin… des objets. 

En rentrant, je me demande ce que les mots veulent dire.

Glaner, par exemple, signifie d’abord « ramasser dans les champs, après la moisson, les épis qui ont échappé aux moisonneurs » et « Recueillir, par-ci par-là, des bribes dont on peut tirer parti. » 

Le mot nous renvoie au film d’Agnès Varda : Les glaneurs et la glaneuse. 

Consigne, quant à lui, fait arriver un cortège déplaisant d’hiérarchies, de militaires, de punitions. Mais aussi un petit casier où on peut mettre des choses à l’abri, et de vieilles bouteilles de toutes les couleurs, qui demandent à être re-remplies…

Inspirer, c’est « faire entrer de l’air dans ses poumons, susciter une pensée, un sentiment, faire naître un souffle créateur… et s’inspirer, c’est puiser, prendre. » 

Et objet, alors ? Objet, c’est « ce qui se présente à la vue, ce qui affecte les sens, ce qui se présente à l’esprit, chose, dans un sens indéterminé, cause, motif », mais aussi : « ce qui sert de matière à une science, un art !!! » Le dictionnaire dit aussi que c’est « un but, un objectif ».

Le lendemain, bien au chaud, je nous revois, au marché, chercher nos ingrédients – ce processus ressemble fort à l’élaboration d’un plat… reste à voir s’il existe des recettes. Deux solutions, quand on cuisine : le livre de recettes, ou la débrouille, l’instinct, l’expérience mise en commun… Si nous voulons savoir ce qu’est une « bonne histoire », nous pouvons chercher dans les livres, voir quelles sont les recettes disponibles autour de nous. Nous pouvons aussi mettre en commun nos souvenirs d’histoires et poser ensemble les critères de ce qu’est, pour nous, « une bonne histoire ».  Une histoire qu’on aurait envie d’écouter, dont on aurait envie de savoir la suite. Une hisoire, tout le monde sait ce que c’est. On en a tous entendu, et raconté. Certaines nous ont ennuyé, d’autres, on ne s’en lasse pas… Certaines ont plusieurs versions. Alors, pour vous, c’est quoi, une bonne histoire ?

croquis

La boite d’allumettes

inspiré de la lecture de “La Petite Fille aux allumettes” de Hans Christian Andersen


les objets de Francis Ponge

  

 

 

Peinture inspiré de texte de Francis Ponge sur “La bougie” et “le verre d’eau”.

Le parti pris des choses, Ed. poésie/Gallimard

en direct de l’atelier, le 20 novembre

Cette semaine on se partage la tâche ; Suzane et Violeta trient les histoires vraies ou fausses que nous avons en stock ; Micheline, Hélène, Pascale, et Elisabeth, font des listes de « j’ai vu, j’ai entendu », et partagent leurs souvenirs et impressions du concert Stravinsky ; Anne-Geneviève et Chantal, nouvelles arrivées, nous concoctent deux petites histoires ; à nous de deviner si elles sont vraies ou fausses. 

Puis, Mariska nous introduit à Francis Ponge, cet écrivain français qui a passé une vie à décrire les objets, à les transposer en texte, en mouvement, en matière de mots. Mariska – comme Ponge -  nous propose de passer du temps avec les objets cette année, les désosser, les examiner sous toutes les faces, s’en inspirer… après les journaux déchiquetés et réassemblés du premier atelier, la vaisselle cassée et devenue sculpture en hommage à Paul Walkinson, et les allumettes-pinceaux servant à décorer leur boite, les héros du jour se nomment cageot, porte, verre, bougie. Nous nous en inspirons pour faire une peinture, par couches et étapes :  dessiner une face de l’objet à la mine de plomb, chercher la ligne claire, puis le geste, en coulées de couleur. Tracer prend du temps. Le calme s’installe dans l’atelier. J’ai le temps de rêver un peu. On rêve bien dans un atelier de peinture, dans les odeurs, les murmures et les frottements. 

J’aimerais qu’on invente des histoires à partir de la réalité. Qu’on attrape des histoires, comme on attraperait des papillons, qu’on les transforme, et qu’on les remette en liberté. Glaner, chiner les histoires. Puis, comme ils le font en peinture en ce moment même, sous mes yeux, trouver la ligne claire de l’histoire, son armatures, ses points forts, ses repères, ses fondations, ce qui fera que l’histoire est solide, qu’on aura envie, besoin, de la raconter et de l’écouter. Et enfin, pour continuer la comparaison, comme en peinture, trouver le geste du conteur, la manière personnelle de s’inspirer de l’histoire vraie, de la transformer, de travailler le détail, de l’adapter.  Jadis on nommait « la geste » le récit des exploits d’un héros ; j’aimerais qu’on tisse cette année une geste, a partir des histoires récoltées autour de nous, pour à nouveau les semer alentour. 

Et puis, se poser les questions : qu’est-ce qui fait qu’une histoire est crédible, qu’est-ce qui donne envie de l’entendre, quelles histoires valent la peine d’être racontées ? Pourquoi ? Que veut dire, écrire à partir de la réalité ? 

J’ai été distraite : pendant ce temps, ils ont oeuvré : les grandes peintures au mur ; je repère les lignes claires, et les différentes interprétations en couleur du verre, du cageot, de la bougie, de la porte…  Mariska avait dit : on ne doit pas reconnaitre la porte, le cageot, il faut qu’on retrouve quelque chose dans la peinture, sa matière… a vous d’accentuer une chose ou l’autre, de faire des choix.

Stravinsky, vu d’ici…

Un choeur d’impressions, de souvenirs, d’élans stravinskiens

 

J’ai entendu la sonnerie qui annonce le début du concert

J’ai vu une fourmilière sonore un peu floue

Je me suis demandé si Stravinsky arriverait à attirer mon attention

 

J’ai vu le tapis rouge devant la loge

Une rangée d’étuis à violons géants

 

J’ai vu les lumières de la salle s’éteindre et le soleil se lever sur la scène

J’ai vu l’orchestre tout en bas

Les spectateurs assis sur le bout de leurs fesses

J’ai vu notre groupe changer de place au moins trois fois

 

J’ai entendu les trois tambours, puis le gros tambour, qui prend le relais

Puis les trois rythmes à gauche

J’ai entendu les violoncelles, leurs profondeurs

 

J’ai vu un chef d’orchestre danser joyeusement

Un joli chef d’orchestre sautiller avec retenue

 

J’ai entendu des sons étranges sans voir ce qui les produisait

La sensation des basses dans mon ventre

La respiration d’inconnus autour de moi 

Des moments de silence intense

Des sons groupés et des sons tout seuls

Le léger son des harpes

Les accents dans la tête et le corps des musiciens. 

Le jeune homme à la flute traversière, la jeune femme au violoncelle, le profil de l’homme au cor de chasse, le regard de l’homme aux percus

J’ai oublié le temps

 

J’ai entendu des applaudissements

J’ai vu un musicien fumer une clope sur le trottoir à l’entracte

J’ai vu une file énorme pour aller aux toilettes, des femmes avec de belles toilettes

Une femme à l’étroit dans sa robe du dimanche

 

J’ai entendu le claquement des chaises

J’ai entendu les murmures et les toux qui s’arrêtaient

J’ai vu la tension se marquer sur le visage du joueur de gong

J’ai vu tous les archets bouger en même temps, tous les archets frapper régulièrement les cordes des violons et ce son me troublait, me dérangeait comme une douleur battante et c’était gai

J’ai vu des vagues d’archets et des cors

J’ai senti les vibrations des grosses caisses

J’ai entendu la musique avec mon corps entier

 

J’ai vu un étrange ballet de saluts dansé par le soliste et le chef d’orchestre

Un tromboniste a fait un doigt d’honneur derrière son dos

J’ai mouru de soif après le concert

 

choeur de la banane, le 19 novembre

Lettre au docteur P. Walkinson

Cher Docteur Paul Walkinson,

Nous sommes ravis d’avoir fait votre connaissance.
Merci de nous avoir montré le chemin d’une façon d’écrire,

 

Avec toute notre pommade,
Les Ateliers de la Banane

 

 

Hommage a Paul Walkinson - vaisselle du titanic (reconstruction), oeuvre collective

 

Des ateliers pour adultes